Les Fintech d’Afrique subsaharienne vivent leur meilleure année!

L’année 2021 est visiblement celle des jeunes entreprises africaines à fort potentiel de croissance. A trois mois de la fin d’année, plus de 280 start-up africaines ont opéré avec succès des levées de fonds, renseigne le magazine Jeune Afrique. Une vingtaine ont même atteint le cap de la dizaine de millions de dollars levés. Un record, par rapport aux performances des années précédentes, notamment celle avant la crise, qui avait déjà enregistré de bonnes performances. Si en 2019 il a fallu attendre 46 semaines pour atteindre le cap du milliard de dollars, en 2021, ce cap est dépassé depuis le premier semestre.Dans cette effervescence, les start-up spécialisées dans la finance semblent avoir tiré leur épingle du jeu.  

La Nigériane Flutterwave lève 170 millions de dollars

Depuis le mois de mars dernier, la fintech nigériane est désormais valorisée à plus de 1 milliard de dollars. Un statut qu’elle obtient après avoir levé 170 millions de dollars en série C. Spécialisée dans la fourniture des services de paiement électronique pour les entreprises et les institutions, cette entreprise de technologie financière souhaite avec ce financement, renforcer ses solutions de paiement en Afrique et bien au-delà. Elle est déjà présente dans 33 pays et emploie quelque 300 personnes sur le continent. Depuis sa création en 2016, Flutterwave, l’une des licornes du continent, n’a cessé de croître grâce à ses nombreuses levées de fonds réussies. Entre 2016 et mars 2021, elle a déjà levé 225 millions de dollars. Un succès qui se construit notamment grâce à l’augmentation de la demande pour les services de paiements en ligne, demande récemment accentuée avec la pandémie Covid-19 qui a bouleversé les habitudes. Pour preuve, l’entreprise défend un taux de croissance annuel consolidé de 226% entre 2018 et 2020. Elle affirme avoir déjà traité  plus de 140 millions de transactions d’une valeur de plus de 9 milliards de dollars pour 290 000 entreprises clientes à travers l’Afrique.

La banque digitale Kuda a levé 55 millions

Kuda, la banque digitale présente au Nigéria et à Londres, a récemment levé 55 millions de dollars pour accélérer son expansion en Afrique. C’était en août 2021, soit cinq mois seulement après qu’elle a obtenu un premier financement de 25 millions en série A, montant ayant servi à déployer des services bancaires numériques au Nigeria. Kuda, qui a débuté ses activités comme une fintech avant de muter en 2019 en banque digitale, comptabilise à ce jour près de 90 millions $ de fonds levés. Elle compte 1,4 million d’utilisateurs et souhaite mettre sur pied une solide équipe avec laquelle elle poursuivra son expansion sur le continent africain. Notamment au Nigéria, qu’elle considère comme un marché important, selon Babs Ogundeyi, cofondateur et directeur général de Kuda.

Wave a levé 200 millions en série A

Levée record depuis 10 ans en Afrique. La fintech Wave est depuis septembre dernier la première licorne du continent, loin devant Jumia, qui dominait le classement depuis 2011 avec 50 millions levés. Avec ses 200 millions de dollars annoncés en série A, la fintech déjà présente au Sénégal et récemment en Côte d’Ivoire, va désormais s’atteler à développer ses activités sur le continent, après avoir terminé la première étape de son développement, qui était la phase de démarrage.  Six investisseurs ont participé à ce tour de financement, dont les fondateurs de l’entreprise. Il s’agit des Américains Drew Durbin et Lincoln Quirk.

La Camerounaise Diool lève 3,5 millions de dollars

La start-up camerounaise Diool, spécialisée dans l’agrégation des moyens de paiements mobiles via une plateforme unique, a réussi en février dernier sa première levée de fonds avec 3,5 millions de dollars mobilisés. Grâce à cette levée, la fintech camerounaise entend développer ses services de paiements digitaux, a annoncé son co-fondateur Serge Boupda.
Diool permet en effet de faciliter les transactions entre les commerçants et leurs clients ou fournisseurs. Fondée en 2015, cette plateforme électronique revendique, deux ans seulement après sa mise en service, le recrutement de 2 000 commerçants, pour environ 120 millions de dollars (plus de 65 milliards de FCFA) de transactions traitées via la plateforme. 

Maviance a levé 3 millions de dollars

La fintech camerounaise Maviance PLC, détentrice de la plateforme de paiements numériques Smobilpay, a clôturé avec succès une levée de fonds de 3 millions de dollars en mai 2021 auprès de MFS Africa, fintech panafricaine exploitant le plus grand hub de paiements numériques du continent africain. Cette opération permet ainsi à cette fintech camerounaise de pouvoir financer son expansion dans d’autres pays de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, RCA, Tchad et Guinée équatoriale) et d’accroître son empreinte au Cameroun. Smobilpay, la plateforme de paiements numériques développée par Maviance, aide les entreprises à améliorer leurs ventes, en encourageant leurs clients à passer des transactions en espèces à des paiements numériques. Selon ses promoteurs, « Maviance sert plus de 500 000 clients uniques par mois », et connecte des fournisseurs de services clés, des fournisseurs de moyens de paiements, des institutions financières et des opérateurs du Mobile Money à sa plateforme de services financiers numériques.

Ejara a levé 2 millions de dollars

La fintech camerounaise a fait parler d’elle en octobre, grâce à sa levée de fonds qui lui a permis de mobiliser 2 millions de dollars pour offrir des services de cryptomonnaies et d’investissement en Afrique francophone. Cette levée de fonds a été principalement menée par CoinShares Ventures et Anthemis Group.

L’entreprise dispose d’une application mobile de services financiers qui propose l’achat, le transfert, la sauvegarde et l’épargne des actifs numériques en toute sécurité. L’objectif de la start-up est non seulement de favoriser l’inclusion financière, mais aussi de permettre aux Africains francophones de la classe moyenne (investissement à partir de neuf dollars) de participer à la démocratisation des actifs financiers. « La transparence et la sécurité intégrées de la blockchain combinées à la popularité des services bancaires mobiles en Afrique m’ont fait comprendre qu’une plateforme d’investissement mobile basée sur la blockchain était la clé pour étendre l’inclusion financière », indique Nelly Chatue-Diop, PDG de Ejara.
La start-up comptabilise plus de 8000 utilisateurs originaires du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Mali, de la Guinée et du Sénégal, ainsi que des Africains francophones de la diaspora (Europe, Asie et Etats-Unis). Elle a également signé un partenariat avec la société d’infrastructures de paiement en crypto MoonPay, afin que ses utilisateurs de la diaspora puissent envoyer de l’argent à leurs proches en Afrique.

Canicha Djakba