Focus Makers Africa : les 10 qui ont fait briller l’Afrique en 2022 (3/3)

Avec notre partenaire Clipse, diffusion de communiqués en Afrique, découvrez l'actualité business du continent

Artistes, dirigeants d’organisations, architecte ou encore sportive, elles et ils n’ont ménagé leurs efforts pour rendre leur continent fier et plus inspirant. Voici une liste, non exhaustive de 10 personnalités qui ont marqué notre rédaction, et l’Afrique, en cette année 2022.

La première partie de ce focus met en avant quatre personnalités du monde artistique et créatif. Pour la deuxième partie, deux grands sportifs qui ont marqué cette année sont mis en avant. Pour la troisième et dernière partie de ce focus, quatre grands dirigeants d’organisation et leaders sont à l’affiche.

Dr Adesina Akinwumi sur tous les fronts

De la COP 27 de Charm el-Cheikh, en Egypte, aux réunions de Printemps des institutions de Bretton Woods, à Washington, en passant par le Sommet sur la Finance en commun, en Côte d’Ivoire, le TICAD 8 en Tunisie ou encore le Sommet de Rotterdam sur l’adaptation climatique, aux Pays-Bas, le Dr Akinwumi Adesina, 62 ans, président de la Banque Africaine de Développement (BAD) depuis mai 2015, n’a pas chômé cette année.

Il a été de tous les rendez-vous, offrant la possibilité de porter la voix d’une Afrique à fort potentiel mais qui a besoin d’importantes ressources pour atteindre ses objectifs d’émergence aussi bien dans les infrastructures, le système alimentaire, l’industrialisation que dans les échanges commerciaux intra-africains, l’entreprenariat et le soutien aux jeunes et les femmes. Sans oublier les défis climatiques que le continent doit relever.

L’ancien ministre de l’agriculture et du développement rural du Nigéria, issu lui-même d’une famille d’agriculteurs, est diplômé en économie agricole de l’Université de Ife. Il poursuit ses études aux États-Unis et passe une thèse de doctorat en économie à l’Université Purdue dans l’Indiana aux États-Unis en 1985. Après ses études, Akinwumi Adesina occupe des fonctions d’économiste dans des institutions internationales, de directeur en sécurité alimentaire puis de directeur régional à la Fondation Rockefeller avant d’être nommé vice-président Opérations de l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA).

Au sein du gouvernement nigérian, de 2011 à 2015, le futur patron de la BAD s’est fait connaître dans la lutte contre la corruption. Le Secrétaire général de l’ONU le nommera plus tard (parmi les 17 dirigeants mondiaux appelés) pour contribuer à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Pour Akinwumi Adesina, grâce à une meilleure gestion des ressources agricoles, les importations alimentaires peuvent chuter drastiquement. Raison pour laquelle il n’a jamais cessé d’encourager la consommation de produits locaux comme la cassave ainsi que le développement de programmes ruraux alliant agriculture innovante et implémentation des nouvelles technologies.

En octobre 2022, il est élu « Homme africain de l’année 2022 » par Exclusive Men of the Year Awards, pour son leadership et sa vision à la tête du Groupe de la Banque africaine de développement et en reconnaissance de son engagement exceptionnelle pour l’Afrique lorsqu’ il était ministre de l’Agriculture du Nigéria.

Yvonne Manzi Makolo, future patronne du ciel international

L’actuelle CEO de RwandAir va prendre la présidence de l’International Air Transport Association (IATA). C’est la première fois qu’une femme, Africaine de surcroit, se voit confier une aussi prestigieuse responsabilité depuis que l’organisation a vu le jour il y a 77 ans. Le choix s’est porté sur la dirigeante d’entreprise rwandaise quand, en juin 2022, les dirigeants du transport aérien se sont réunis à Doha, au Qatar, dans le cadre de la 78ème assemblée générale annuelle de l’IATA. Et comme cela est de coutume, la réunion a été consacrée à l’élection les nouveaux dirigeants de l’organisation pour la mandature à venir.

À lire aussi:  Environnement : l’offre de formation en Afrique s’étoffe !

Et à la grande surprise, c’est Yvonne Manzi Makolo qui a été élue pour prendre la tête du Conseil des gouverneurs (BoG – Board of Governors) de l’IATA. Une belle victoire pour la gent féminine et aussi pour l’Afrique. Yvonne Manzi Makolo entrera en fonction à l’occasion de la 89ème assemblée générale annuelle de l’IATA à Istanbul, en Turquie.  La patronne de RwandAir deviendra la 81e présidente de cette institution et la première femme de l’histoire à occuper ce poste, depuis son lancement en avril 1945.

Pour rappel, c’est en avril 2018 qu’Yvonne Manzi Makolo a pris les commandes de la compagnie aérienne nationale RwandAir. Elle est actuellement au sein du Conseil d’Administration de cette compagnie avec deux autres Africains, à savoir Mesfin Tasew Bekele, patron d’Ethiopian Airlines, et Abdelhamid Addou, PDG de Royal Air Maroc. Et sa nomination à la tête du transporteur aérien rwandais a déjà été relayée avec enthousiasme par nombre de médias panafricains.

Auparavant, elle a été directrice générale adjointe responsable des affaires générales de la même compagnie aérienne. Cette diplômée en informatique et en management est née au Rwanda. En 1993, elle a volontairement émigré au Canada. Dix ans plus tard, elle retourne dans son pays natal pour rejoindre MTN Rwanda puis RwandAir. Elle et sa sœur aînée ont été élevées par une mère célibataire, le père d’Yvonne étant décédé lorsque les filles étaient très jeunes.

Présider l’IATA n’est pas une tâche facile dans un contexte où l’industrie vient de vivre une crise sans précédent. En plus de poursuivre la réouverture du monde aux voyages et au commerce, l’organisation prévoit la conclusion d’un accord d’envergure lors de l’assemblée de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), sur un objectif de décarbonisation de l’aviation, l’affinement de la voie vers la réduction à néant des émissions de carbone d’ici 2050, et l’élargissement de la participation à l’initiative 25by2025 relative à la diversité des genres.

Fatima Maada Bio, Première Dame africaine de l’année

La Première Dame de Sierra Leone, Fatima Maada Bio, a reçu le prix de la « Femme africaine de l’année 2022 », par la voix des Pays-Bas, lors de cérémonie de remise des prix de les Voice Achievers Awards (VAA), devenus un événement mondial auquel participent des centaines de personnes.

Les organisateurs de l’événement ont soutenu que Mme Bio incarne la bravoure, l’intelligence et le leadership au service, comme en témoigne l’impact massif enregistré par son travail humanitaire et officiel à travers le monde. Ils ont aussi souligné « la riche formation académique de la première dame, notamment son diplôme de l’Université de Roehampton avec un baccalauréat spécialisé en arts du spectacle, ce qui la qualifie d’actrice et de scénariste internationale ».

Les nombreuses campagnes sur le genre, la philanthropie et la protection de l’enfance avant même de devenir première dame, lui ont valu cette reconnaissance internationale qu’ont déjà obtenu trois autres premières dames. « C’est en reconnaissance du travail acharné et de la ténacité de Mme Bio à défendre les problèmes qui comptent pour l’Afrique, en particulier le viol, le mariage précoce et la grossesse chez les adolescentes, entre autres, que nous avons porté notre choix sur elle », ont aussi indiqué les organisateurs des VAA.

À lire aussi:  Architecture : trois figures africaines qui brillent à travers le monde

En recevant sa récompense, l’épouse du président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a déclaré : « C’est le moment d’enregistrer la Main de nos filles à l’international et cela m’inspirera d’autant plus. Je continuerai à être la voix des sans-voix en ce qui concerne les problèmes de viol, de mariage précoce et de grossesse chez les adolescentes, entre autres problèmes affectant les femmes et les filles. Je suis très heureuse et honorée de faire partie des premières dames à avoir remporté ce prestigieux prix ».

Rasha Kelej, l’atout maitre de l’Egypte et de la Fondation Merck

Membre du Sénat égyptien, présidente-directrice générale de la Fondation Merck, présidente de la Merck Foundation First Ladies Initiative (MFFLI), Dr  Rasha Kelej est reconnue depuis la fin de la précédente décennie comme l’une des 100 Africaines les plus influentes. De nombreuses organisations et médias lui ont décerné ce titre dont le New African Magazine, basé au Royaume-Uni.

Rasha Kelej a été nommée membre du Sénat par le président de la République arabe d’Égypte en octobre 2020 pour un mandat de cinq ans. A ce titre, « elle joue un rôle important de conseil en matière de santé africaine, de développement économique et social durable et d’opportunités de collaboration », selon les autorités de son pays.

Dr Rasha Kelej est née en février 1972 en Égypte. Elle est titulaire d’un diplôme en pharmacie de l’Université d’Alexandrie et d’un MBA de l’Université Robert Gordon, en Écosse. Elle a aujourd’hui à son actif plus de 27 ans d’expérience dans le secteur de la santé et du développement social à l’échelle internationale. En 1996, elle rejoint le géant de l’industrie pharmaceutique Merck pour occuper de nombreux postes de premier plan.

Elle a développé pour cette entreprise une stratégie de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) structurée et cohérente et a introduit des programmes depuis 2013 dans le but de renforcer les capacités de soins de santé, de sensibiliser la communauté, de briser la stigmatisation de l’infertilité et d’autonomiser les femmes et les jeunes par l’éducation. Cela a ensuite conduit au développement et à la formation de la Fondation Merck, la branche philanthropique du groupe allemand.

Durant cette année 2022, celle qui est aussi la fondatrice du mouvement « Plus qu’une mère » a été sous les feux des projecteurs grâce au lancement, en collaboration avec plusieurs premières dames d’Afrique, d’un ambitieux programme appelant tous les cinéastes africains, les étudiants des institutions de formation cinématographique ou les jeunes talents d’Afrique à créer et à partager un film long ou court, qu’il s’agisse d’une fiction, d’un documentaire ou d’un docudrame afin de délivrer des messages forts et influents pour aborder un ou plusieurs des problèmes sociaux tels que « briser la stigmatisation liée à l’infertilité, soutenir l’éducation des filles, l’autonomisation des femmes, mettre fin au mariage des enfants ou encore mettre fin aux violences faites aux femmes à tous les niveaux ».

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest

La rédaction vous conseille