Quelles sont les écoles africaines d’animation et de création de jeux vidéo ?

Le chamboulement numérique qu’a connu l’Afrique ces dernières années a favorisé la naissance d’une communauté de joueurs amateurs ou professionnels. L’industrie des jeux vidéo se forge peu à peu et prend de l’ampleur. Alors, sur le continent, des programmes d’enseignement sont désormais conçus pour former les Africains dans cette discipline d’avenir, à l’instar des géants d’Asie, d’Europe ou d’Amérique. Découverte avec Makers de quelques écoles, centres ou universités qui donnent des formations dans ce domaine.

Rubika Kenya, pour une formation diplômante  

Le marché mondial du jeu vaut plusieurs milliards de dollars. C’est donc un secteur d’avenir dans lequel l’Afrique doit prendre ses marques. À Nairobi, au Kenya, est installée une université de formation en design, animation 3D et jeux vidéo qui délivre des diplômes de licence et de master. Son nom est Rubika Kenya. C’est la référence sur le continent en la matière.

Il s’agit d’un centre d’envergure internationale créé par trois organisations, à savoir l’école française Rubika, Africa Digital Media Institute de Kenya et l’Agence française de développement, pour dynamiser le secteur de jeux vidéo en Afrique. Le centre s’appuyant sur l’expertise française vise à promouvoir une production locale, laquelle doit pouvoir  s’exporter, grâce à sa qualité, dans le monde entier.

Ses années d’expérience, sa réputation et son réseau de partenaires font de cette école une opportunité pour le continent de disposer de ressources humaines capables de valoriser les personnages africains à partir des histoires africaines à travers les animations 3D, les dessins ou les jeux.

Earlybell Multimedia, pour une formation pratique

Animation 3D, animation de personnages 2D, ingénierie et développement de logiciels, design, sont des domaines de formation qu’on peut découvrir à l’institut Earlybell Multimedia au Nigéria, à Lagos. L’entité se définit comme une académie de multimédias et une école d’animation. Ses cours constituent un package à valeur ajoutée pour l’apprenant.

L’établissement propose des tutoriels, des formations sur thématiques, selon chaque domaine professionnel.

Netinfo, ou l’école des arts numériques

Implanté dans deux villes tunisiennes, à savoir Tunis et Nabeul, Netinfo est l’une des meilleures écoles de formation aux métiers de la production des images 3D, de l’animation et des jeux vidéo du continent. Créée en 1999, Netinfo a formé des milliers de talents africains provenant des pays tels que la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, le Cameroun, la Côte d’ivoire, le Gabon, le  Sénégal, la Mauritanie, le Tchad etc.

Centre certifié par Autodesk, Adobe et Epic Games, il a développé une approche pédagogique basée sur le numérique et est en adéquation avec l’innovation technologique. Ses offres de formation sont flexibles et optionnelles. L’apprenant peut ainsi décider de suivre des cours accélérés, d’emprunter un cursus diplômant et plus long ou de se former en ligne via la plateforme de l’école.

ESP, pour une formation d’excellence

L’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) de Dakar est l’un des rares établissements publics en Afrique qui offre des formations en jeux vidéo et Big data. 

Ce lieu de savoir qui vise l’excellence met l’accent sur des programmes en adéquation avec la formation en jeux vidéo. Ainsi, les matières comme : algorithmique et programmation, réseaux et services, ingénierie du logiciel, composent le programme. Le crédo est de rendre chaque étudiant capable de concevoir, à la fin de sa formation, des jeux vidéo.  « A l’école supérieure polytechnique de Dakar, j’ai eu à suivre une formation en ingénierie logiciel avec option en jeux vidéo et Big data. Celle-ci me permet de mener un projet à bien depuis l’analyse, le game design, la conception, jusqu’au produit fini » a souligné Abdou Khadre Diop, promoteur d’une agence de développement de jeux vidéo à Dakar. 

Pour l’instant, le continent africain n’est qu’un poids léger sur le marché mondial des jeux vidéo. Mais avec le développement du digital, le nombre de joueurs augmente, suscitant des vocations. Mais les écoles de formation dans l’animation ne sont pas encore assez nombreuses. Or, l’Afrique pourrait devenir un pôle incontournable de cette industrie. 

Materne Aguessy