Projets ferroviaires : l’Afrique muscle ses ambitions

De l’Egypte à la Tanzanie en passant par le Gabon, le Cameroun ou encore le Sénégal, les pays africains multiplient les investissements dans l’extension et la modernisation de leurs réseaux ferroviaires. Le point avec Makers.Africa !

Plusieurs projets sont en cours ou en préparation sur le continent dans le ferroviaire. En Egypte, les autorités accélèrent la mise en service d’une vingtaine de trains réceptionnés dernièrement, tout en poursuivant la mise en œuvre du programme de train électrique à grande vitesse. Selon les spécialistes du secteur, le pays des Pharaons est celui qui investit le plus en Afrique sur ce créneau. Le trafic de passagers et de marchandises par voie ferrée devrait augmenter respectivement de 15 % et 10 % d’ici à 2029, grâce à de nouveaux investissements estimés à plus de 6,5 milliards de dollars.

Au Cameroun, c’est la compagnie australienne Canyon Resources qui a lancé une étude de faisabilité bancaire dans le cadre de son projet  « Minim Martap ». La société minière a engagé Vecturis, une structure de consulting spécialisée dans l’ingénierie ferroviaire. Selon l’opérateur minier australien qui développe le projet avec Zhongye Changtian International Engineering Co Ltd, Vecturis identifie les forces et les faiblesses de l’infrastructure ferroviaire et détermine les mises à niveau nécessaires et les coûts respectifs. Il est en outre question d’estimer les besoins en équipements roulants et de modéliser la capacité du trafic ferroviaire.

On sait par ailleurs que la Banque mondiale prévoit une enveloppe de 538 millions de dollars pour moderniser les infrastructures ferroviaires entre Douala et N’Djamena. Ce programme, selon l’institution de Bretton Woods, vise à booster le commerce transfrontalier et le transit entre le Cameroun et le Tchad, mais va aussi profiter à la Centrafrique. De son côté, Camrail, filiale de Bolloré Railways collabore avec Ceragon, entreprise basée à Tel-Aviv mais cotée au Nasdaq, sur un marché de 1,4 milliard de FCFA pour la fourniture des équipements de réseau. Au Gabon voisin, le président Ali Bongo a demandé à la patronne du groupe français Eramet d’amplifier les investissements dans le secteur ferroviaire.

Les firmes jouent des coudes

Bolloré Africa Logistics, la société mère de Bolloré Railways, soutient pour sa part que le transport ferroviaire en Afrique figure parmi ses grandes priorités. Eric Melet, son président directeur général, a confié que l’entreprise, qui exploite 2 500 km de voies, est convaincue que le rail est l’un des prochains enjeux de développement des flux sur le continent. « Le chemin de fer est un laboratoire de l’intégration régionale », a-t-il aussi affirmé avant d’ajouter que le projet de boucle ferroviaire pour interconnecter les États de la zone UEMOA (Afrique de l’Ouest), sur plus de 3 000 km, constitue l’un des plus gros challenges africains. Un chantier estimé à plus de 3 milliards de dollars.

Les projets ferroviaires africains attirent nombre de firmes occidentales et asiatiques. Si les industriels allemands misent surtout sur l’Afrique du Nord, les Indiens poussent leurs pions en Afrique de l’Ouest.  Ainsi, Rites Ltd, la filiale ingénierie d’Indian Railways, vient de signer un accord avec Grands Trains du Sénégal (Gts-Sa) pour établir une coopération technique visant à stimuler le développement de l’industrie ferroviaire sénégalaise.

En Tanzanie, pour la réalisation du vaste chantier de construction du réseau ferroviaire (1 219 km)  reliant le port de Dar es Salam aux régions des lacs et de la zone occidentale, ainsi qu’aux pays voisins,  le gouvernement a sélectionné China Civil Engineering Construction Corporation et China Railway Construction Limited. Mais le coréen Hyundai Rotem et le tchèque Skoda sont également de la partie. Enfin, le français Alstom, déjà bien présent en Afrique du Sud, est en bonne position pour équiper le métro de Lagos, au Nigéria.

La rédaction