Les figures de l’activisme en Afrique (2/3)

Téméraires pour les causes qu’ils défendent, les messages qu’ils diffusent à travers leurs réseaux sociaux, les médias classiques et lors des grands rendez-vous transpirent un engagement inconditionnel pour sensibiliser et gagner à leur cause un maximum de personnes. Leur audience sur les réseaux sociaux en dit long sur leur aura. Découvrez la suite de notre série sur les activistes africains les plus en vue.

Elizabeth Wathuiti, la Kenyanne qui a fondé Green Generation

A 27 ans, Elizabeth Wanjiru Wathuti peut se réjouir d’avoir légué une riche postérité de 30 000 arbres au monde. Cette jeune activiste écologiste plaide pour la reforestation de son pays le Kenya mais aussi de l’Afrique. Si son combat est né dans son Kenya natal, son activisme parle pour elles au-delà du pays. Plusieurs fois invitée aux sommets africains sur le climat et même à des rendez-vous mondiaux, Elizabeth Wathuiti a plusieurs fois été reconnue. En 2019, elle reçoit le prix de l’écologiste de l’année en Afrique, décerné par la fondation Eleven Eleven Twelve. Elle est également nommée parmi les 100 jeunes Africains les plus influents dans le cadre des Africa Youth Awards.
Par ailleurs fondatrice de l’initiative Green Generation au Kenya, bannière sous laquelle elle œuvre pour la promotion de la protection de l’environnement et du reboisement, Elizabeth Wathuiti se dit avoir été inspirée par sa compatriote et lauréate du prix Nobel Wangari Maathai pour créer une organisation qui plante des arbres et des forêts alimentaires afin d’améliorer l’environnement local et de lutter contre la faim au Kenya.   

Raeesah Noor-Mahomed, la Sud-africaine qui rassemble les militants écolo en Afrique

Sa vision est simple, rassembler les militants écologistes du continent pour former un bloc contre les changements climatiques et pour la préservation de l’environnement. Raesah Noor-Mahomed, à 18 ans seulement, souhaite que la cause environnementale en Afrique soit défendue par un collectif et non de manière éparse. Au cours de sa dernière année de lycée, Raeesah a mené un boycott scolaire pour demander au département de l’environnement du pays de déclarer un état d’urgence climatique. La militante très active sur les réseaux sociaux était récemment invitée à la COP26.

Ahmed Elhadj Taieb, le Tunisien qui prépare une nouvelle génération d’éco-conscients

Ahmed Elhadj Taieb est l’un de ceux qui croient en la jeunesse et en l’émergence d’une jeunesse consciencieuse.  A 22 ans, il a été l’un des représentants de la Tunisie au cours de la dernière COP26 et compte d’ailleurs continuer à œuvrer pour son pays et pour l’Afrique. Il défend l’idée selon laquelle dans 30 ans, les jeunes deviendront les nouveaux décideurs et les choses commenceront à changer. Cependant, cet étudiant en sciences de l’environnement, actuellement en master en ingénierie environnementale ne se contente pas d’attendre que ce jour arrive. Il est déjà secrétaire général de Youth for Climate Tunisia, ambassadeur de la campagne #breakfreefromplastic et blogueur environnemental pour le projet scientifique Fibelk. 

Remy Zahiga, le Congolais qui souhaite des actions concrètes

Remy est un jeune militant africain pour le climat qui vit dans le bassin du Congo, où se trouve la deuxième plus grande forêt tropicale du monde. Il n’est pas étranger aux impacts de la dégradation de l’environnement, et sait notamment la menace constante que représente l’exploitation forestière industrielle pour la forêt et les communautés qui y vivent. Ce diplômé en géologie est passionné par le changement climatique qui touche directement les populations. Il estime que les dirigeants mondiaux sont loin de prendre des mesures décisives pour lutter contre la crise climatique, raison pour laquelle il milite pour une implication de tous en faveur du climat.

Dixon Bahandagira, l’Ougandais qui souhaite planter 100 000 arbres

Cet étudiant en sciences de l’environnement a un rêve: planter un million d’arbres dans son pays d’origine, l’Ouganda, pour juguler les impacts de la crise climatique qui y sévit. Selon lui, plus de 200 personnes ont perdu la vie dans son pays depuis 2017 en raison de graves inondations et glissements de terrain exacerbés par les changements climatiques. Il craint que la situation ne s’aggrave en raison du manque de volonté politique et a décidé de s’attaquer au problème. Dixon a déjà planté plus de 100 000 arbres en l’espace d’un an, en utilisant plus de 10 espèces différentes et en apprenant à la population locale à s’occuper des plants jusqu’à ce qu’ils soient adultes.

Trevor Oahile, le Botswanais qui vit pour sensibiliser ses pairs sur la santé et les droits sexuels

Trevor Oahile est un étudiant de 24 ans qui contribue à sensibiliser les jeunes du Botswana à l’importance de la santé et des droits sexuels et génésiques par le biais d’une émission de radio intitulée Don’t Get It Twisted. L’émission s’adresse aux jeunes, en particulier aux garçons et aux hommes, et explore les moyens de mieux les informer sur les stigmates qui entourent la santé génésique.
Son engagement pour ces causes est si palpable que de nombreuses ONG ont fait de lui un atout dans leurs campagnes de sensibilisation. Oahile travaille avec l’UNFPA, l’agence des Nations unies pour la santé sexuelle et génésique, afin d’organiser des programmes de formation dans tout le pays, de parler de la responsabilité sociale et de donner des moyens d’action à d’autres jeunes militants au Botswana.

Canicha DJAKBA