Légalisation du bitcoin: la Centrafrique s’y lance et suscite des inquiétudes

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Le pays d’Afrique centrale parie sur l’utilisation de la monnaie électronique au côté du franc CFA, de quoi surprendre plusieurs observateurs. Une bouée de sauvetage à piége selon le FMI.

La loi a été promulguée le 26 avril dernier par le président de la République centrafricaine. Le bitcoin est désormais la deuxième monnaie officielle en Centrafrique, à côté du franc CFA, utilisé par les six pays de la sous-région Afrique centrale. Selon cette loi, « tout agent économique est tenu d’accepter les crypto-monnaies comme forme de paiement lorsqu’elles sont proposées et de disposer d’une convertibilité automatique et instantanée des crypto-monnaies utilisées en République centrafricaine ». Pour le gouvernement centrafricain, avec la cryptomonnaie, les populations auront plus de chance d’effectuer des échanges commerciaux avec l’extérieur, tout en esquivant les restrictions de la Banque de Etats de l’Afrique Centrale et ses organes de contrôle. « Avec la crypto-monnaie, il n’y a plus de contrôle de la Banque centrale. Vous avez votre argent, vous l’envoyez à un investisseur pour une entreprise, vous le recevez dans n’importe quelle monnaie, vous pouvez en disposer en dollar, en euro, en franc CFA, ou en naira. », se défend Justin Gourna Zacko, ministre centrafricain en charge de l’Economie.  Si le gouvernement y voit une alternative pour faciliter le règlement des transactions, pour le Fonds monétaire international (FMI), il s’agit là d’un pari risqué. 

Un pari risqué selon le FMI

Sa réaction ne s’est pas faite attendre puisque deux jours après l’adoption de la loi, l’institution de Breton Wood, au cours d’une conférence de presse a indiqué que, « Dans l’hypothèse d’un mouvement bien préparé vers la numérisation et par le biais de l’utilisation des monnaies numériques des banques centrales », les cryptomonnaies « peuvent contribuer à un système de paiement plus robuste (…)adopter simplement la possibilité d’utiliser le bitcoin est quelque chose qui doit être surveillé de manière très, très attentive, a- t-il poursuivi. Il faut s’assurer que le cadre législatif, la transparence financière et la gouvernance sont bien en place sur le continent», a indiqué le directeur Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie.
A cela s’ajoutent également les inquiétudes des autres membres de la sous-région qui y voit une violation des lois transparence monétaires auxquelles adhère le pays, notamment le texte de l’Union monétaire en Afrique centrale (Umac).
Pour ainsi dire, la Centrafrique s’est lancé dans un projet qui bien qu’intéressant du point de vue économique, avec la fluidification des échanges avec les partenaires internationaux, revêt d’énormes risques tels que l’accentuation du phénomène du blanchiment d’argent, l’exposition à l’instabilité de la valeur des cryptomonnaies et dans le pire des cas, une banqueroute de l’Etat qui en plus d’être dans le top 10 des pays les moins développés au monde, doit sa stabilité économique à celle du francs CFA. D’où l’importance d’une régulation forte pour encadrer l’utilisation de cette monnaie, comme le préconise le FMI, au risque de se tirer un balle dans le pied.

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Canicha Djakba

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