Avec près de 108 millions d’habitants et l’un des systèmes électriques les plus développés du continent, l’Égypte confirme son statut d’acteur majeur des énergies renouvelables en Afrique. Portée par une stratégie volontariste et une ouverture marquée aux investisseurs privés, le pays accélère la diversification de son mix énergétique, historiquement dominé par les hydrocarbures et le gaz naturel.
Selon le dernier bulletin trimestriel NREAmeter publié par la New and Renewable Energy Authority (NREA), le pays disposait de 9,1 gigawatts (GW) de capacités renouvelables installées au deuxième trimestre de l’année fiscale 2025/2026. Un an plus tôt, ce total s’élevait à 8,6 GW, traduisant une progression régulière du parc. Le solaire et l’éolien constituent les piliers de cette montée en puissance. À eux deux, ils totalisent plus de 6,2 GW. L’éolien représente environ 3 GW de capacités installées, tandis que le solaire dépasse 3,2 GW. Ces chiffres placent l’Égypte parmi les marchés les plus dynamiques du continent, derrière l’Afrique du Sud, qui affichait 13,5 GW de capacités renouvelables totales à fin 2024, selon les données de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).
La structuration du secteur égyptien des énergies renouvelables repose en grande partie sur l’implication du secteur privé. Dans la filière solaire, plus de 2,9 GW sont exploités par des opérateurs privés. Dans l’éolien, ces derniers détiennent également plus de 1,6 GW. Ce modèle s’appuie sur des producteurs indépendants d’électricité (IPP) et sur des investissements étrangers, favorisés par des cadres contractuels dédiés et des appels d’offres compétitifs. À l’inverse, les capacités hydroélectriques du pays — estimées à 2,82 GW — demeurent principalement sous contrôle public. L’hydroélectricité, historiquement liée aux grands barrages sur le Nil, constitue l’un des socles du système électrique égyptien, même si son potentiel d’expansion reste limité par rapport au solaire et à l’éolien.
Au-delà des installations déjà opérationnelles, la dynamique d’expansion se poursuit. Environ 4 GW supplémentaires sont actuellement en construction, tandis que 14 GW sont en phase de développement, principalement dans les segments éolien et solaire. Ces projets s’inscrivent dans l’objectif officiel de porter la part des énergies renouvelables à 42 % du mix électrique national d’ici 2030. Là encore, le secteur privé joue un rôle central, la quasi-totalité des nouveaux projets étant portée par des investisseurs indépendants. Cette trajectoire traduit la volonté des autorités de répondre à une demande intérieure en forte croissance tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles. Elle vise également à positionner l’Égypte comme plateforme énergétique régionale, capable d’exporter de l’électricité ou de l’énergie verte vers les marchés voisins.
Parallèlement au déploiement des capacités, le pays cherche à renforcer sa base industrielle locale dans les équipements liés aux énergies propres. Les efforts portent notamment sur la fabrication de composants électriques, de structures de montage et d’onduleurs solaires. L’objectif est double : accompagner l’augmentation des installations par une production locale accrue et développer des compétences industrielles susceptibles de créer de la valeur ajoutée et des emplois. Selon les observateurs, en combinant investissements privés, planification stratégique et montée en gamme industrielle, l’Égypte consolide sa position dans la transition énergétique africaine, avec l’ambition d’inscrire durablement les énergies renouvelables au cœur de son développement économique.





