Egalité des chances hommes/femmes : les 10 champions d’Afrique (#2/2)

Comme chaque année depuis huit ans déjà, la Banque mondiale publie à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme un rapport qui évalue les lois et règlements qui affectent les opportunités économiques des femmes à travers le monde, précisément dans 190 pays. L’édition 2022 du rapport intitulé Woman, Business and Law révèle qu’en 2021 encore, plus de 2,4 milliards de femmes ne détiennent toujours pas les mêmes droits économiques que les hommes. En Afrique, cette inégalité s’est considérablement réduite que plusieurs 54 pays du continent sont désormais à quelques points d’une égalité parfaite en termes d’opportunités économiques hommes et femmes. Voici les meilleurs d’entre eux, classés par ordre de mérite croissant.

5- Namibie, la paie pendant le congé parental, une nécessité

La Namibie obtient un score de 86,3 sur 100. Lorsqu’il s’agit de lois affectant la décision des femmes de travailler, de lois affectant le salaire des femmes, de contraintes liées au mariage, les différences entre les sexes en matière de propriété et d’héritage, et les lois affectant le montant de la pension d’une femme, la Namibie est exemplaire, ou presque. Ses principaux points à améliorer concernent les contraintes liées à la liberté de mouvement, les lois affectant le travail des femmes après la naissance d’un enfant et les contraintes liées à la création et à la gestion d’une entreprise, où le pays pourrait envisager des réformes pour améliorer l’égalité juridique des femmes. Son plus bas score est celui de l’indicateur mesurant les lois affectant le travail des femmes après la naissance d’un enfant. Pour améliorer l’indicateur « parentalité », la Namibie pourrait envisager de mettre à disposition des mères un congé payé d’au moins 14 semaines, des pères un congé payé et des parents un congé parental payé », souhaite la Banque mondiale.

4-Cap vert,  des efforts remarquables

Avec une moyenne de 86,3 sur 100, le Cap vert, ex-aequo avec la Namibie, se loge au quatrième rang du classement des pays africains les plus soucieux de l’égalité des chances entre hommes et femmes en matière de questions économiques. Le mérite de ce petit Etat insulaire d’Afrique de l’Ouest est la mise en œuvre de réformes et d’un cadre légal qui promeuvent la liberté de mouvement et de travaille pour les femmes mariées ou non mais aussi la levée des contraintes liées à la création et à la gestion d’une entreprise par les femmes, et les différences entre les sexes en matière de propriété et d’héritage. Dans chacun de ces axes, le pays est un exemple « parfait », souligne l’étude. Des efforts restent cependant à faire dans en ce qui concerne l’indicateur sur les lois affectant le travail des femmes après avoir eu des enfants (seulement 40/100).
Pour améliorer l’indicateur de parentalité, la Banque suggère au pays de « mettre à la disposition des mères un congé payé d’au moins 14 semaines, de faire en sorte que le gouvernement gère 100 % des prestations du congé de maternité, et de rendre le congé parental payé ».

3- Zimbabwé, sur la voie de l’égalité

Le Zimbabwe est carrément un exemple en matière d’égalité de chances économiques entre hommes et femmes, du moins en ce qui concerne les huit indications de mesures de la Banque mondiale. Lorsqu’il s’agit de contraintes à la liberté de mouvement, de lois affectant la décision des femmes de travailler, de contraintes pour les femmes de créer et de gérer une entreprise, des différences entre les sexes en matière de propriété et d’héritage, et des lois affectant le montant de la pension des femmes, le Zimbabwe obtient un score parfait de 100/100. Sa faiblesse se matérialise au niveau de la paie des femmes (75/100), de la parentalité (40) et des contraintes liées au mariage (80/100).
D’où la suggestion faite d’« envisager des réformes pour améliorer l’égalité juridique des femmes. Par exemple, pour améliorer l’indicateur de parentalité, le Zimbabwe pourrait envisager de faire en sorte que le gouvernement gère 100 % des prestations du congé de maternité, d’offrir un congé payé aux pères et d’offrir un congé parental payé ».

2-Afrique du Sud, un pays moderne même en termes d’égalité de droits

Vous cherchez en Afrique un pays fort industrialisé qui prend en compte les droits des femmes et les respecte au même titre que ceux des hommes, découvrez l’exemple de l’Afrique du Sud. Deuxième puissance économique du continent, le pays de Nelson Mandela est aussi la deuxième « puissance » en terme de respect des droits économique de la femme sur le continent selon le classement de la Banque mondiale. « L’Afrique du Sud obtient un score de 88,1 sur 100. Lorsqu’il s’agit de contraintes à la liberté de mouvement, de lois affectant la décision des femmes de travailler, de lois affectant la rémunération des femmes, de contraintes liées au mariage, de contraintes sur la création et la gestion d’entreprises par les femmes, l’Afrique du Sud obtient un score de 88 sur 100 soit un score parfait », renseigne le rapport. Toutefois, « en ce qui concerne les lois affectant le travail des femmes après la naissance d’un enfant et les lois affectant le montant de la retraite d’une femme, l’Afrique du Sud pourrait envisager des réformes afin d’améliorer l’indicateur mesurant les lois affectant le montant de la pension des femmes (80/100) », suggère-t-il. « Pour améliorer cet indicateur, l’Afrique du Sud pourrait envisager d’égaliser l’âge auquel les hommes et les femmes peuvent prendre leur retraite avec une pension complète, d’égaliser l’âge auquel les hommes et les femmes peuvent prendre leur retraite avec une pension partielle, et d’augmenter le nombre d’heures de travail », soutient-il.

1-La Mauritanie, l’exemple type de l’égalité en Afrique  

L’Ile Maurice est sans doute l’un des pays d’Afrique qui fournit d’énormes efforts pour son développement. Selon la Banque mondiale, il est l’un des pays le plus favorable au climat des affaires, et cet autre classement sur l’égalité des droits économiques entre hommes et femmes n’est que revélateur du dynamisme du pays dans sa quête de développement. L’Île Maurice est en effet le pays qui offre une grande liberté économique aux femmes en Afrique. Il est premier du classement « Woman,Business, law » 2022 avec une note de 89,4/100.

Une embellie générale

En dehors du Gabon, des efforts considérables ont été notés au Bénin qui a supprimé les restrictions à l’emploi des femmes dans le secteur de la construction ou encore en Angola, avec la loi qui criminalise le harcèlement sexuel en milieu de travail.
En Afrique du Nord, région considérée comme l’une des plus inégalitaires du monde pour les femmes, d’importants progrès sont aussi à noter. L’Egypte par exemple a adopté une législation protégeant les femmes contre les violences domestiques, et a facilité leur accès au crédit en interdisant la discrimination fondée sur le sexe dans les services financiers.
A contrario, le Togo a reculé en promulguant une loi qui n’interdit plus le licenciement des salariées enceintes.
Malgré ces efforts, le rapport indique que les pays africains ont encore beaucoup de marge en ce qui concerne la mise en place de sociétés totalement égalitaires. Dans le monde, 12 pays ont atteint le score parfait de 100, montrant qu’ils ont atteint la parité légale entre les sexes, mais aucun Etat africain n’en fait partie. Cependant, 17 pays du continent ont des scores supérieurs ou égaux à 80, 14 autres ont des scores compris entre 70 et 79, puis 17 autres ont des scores compris entre 50 et 69. Le Soudan reste à la traîne en Afrique, avec 29,4/100. Une situation qui traduit une amélioration lente, mais certaine dans le domaine.

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Canicha Djakba