Egalité des chances hommes/femmes : les 10 champions d’Afrique (#1/2)

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« Lorsque les sociétés deviennent plus égalitaires, les économies deviennent plus résilientes », estime la Banque mondiale, qui en vue de promouvoir cette parité économique entre hommes et femmes, publie chaque année le rapport « Woman, Business and Law ». Pour la huitième édition diffusée il y a quelques jours, en 2021, l’Afrique a enregistré avec le Moyen-Orient la plus forte amélioration en matière d’égalité économique homme-femme. A la lumière de l’étude menée dans 190 pays, voici les meilleurs scores d’Afrique.

Comme chaque année depuis huit ans déjà, la Banque mondiale publie, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, un rapport qui évalue les lois et règlements qui affectent les opportunités économiques des femmes à travers le monde, précisément dans 190 pays. L’édition 2022 du rapport intitulé “Woman, Business and Law” révèle qu’en 2021 encore, plus de 2,4 milliards de femmes ne détiennent toujours pas les mêmes droits économiques que les hommes. Une inégalité qui se matérialise notamment par le fait que, « la différence totale de salaires entre les hommes et les femmes au cours de leur vie active s’élève à 172 300 milliards de dollars, soit deux fois le produit intérieur brut (PIB) mondial (Wodon et al. 2020) », précise le rapport de la Banque mondiale. Cette étude qui vise une prise de conscience sur les enjeux en matière d’égalité de droit entre les sexes, s’appuie sur huit critères d’études que sont la mobilité, l’environnement de travail, le salaire, le mariage, la parentalité, l’entreprenariat et les actifs.

10-  Gabon, la meilleure progression 2021

Le Gabon est passé d’un score de 57,5 en 2020 à 82,5 en 2021 sur 100. Cette performance est la meilleure progression de l’année en Afrique subsaharienne. Le pays d’Afrique centrale est en effet celui qui a adopté le plus de réformes dans le monde, l’année dernière. Une position certes encore éloignée du 100/100, soit un niveau de parité excellent au vu des textes, mais qui représente tout de même une grande avancée rendue possible grâce à la réforme complète du Code civil du Gabon, et à la promulgation d’une loi visant à éliminer la violence à l’égard des femmes dans le pays. D’après la Banque mondiale, ces mesures ont entraîné des réformes importantes dans cinq des neuf indicateurs sur lesquels se base le rapport.
« Ces modifications ont donné aux femmes les mêmes droits que les hommes pour choisir leur lieu de résidence, obtenir un emploi sans l’autorisation de leur mari, et elles ont supprimé l’obligation pour les femmes d’obéir à leur époux et leur permettent d’être cheffes de famille au même titre que les hommes », indique l’institution de Bretton Woods. Le pays est en effet le 9e ex-aequo du classement, il est suivi du Mozambique qui affiche également 82,5 points, mais qui se retrouve en 11e place.

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9- Burkina-Faso, statu quo dans la mise en œuvre des réformes

Le Burkina Faso obtient un score de 82,5 sur 100, même si aucune nouvelle réforme allant dans le sens de l’égalité économique entre les sexes n’a été mise en œuvre entre 2020 et 2021, rappelle la Banque mondiale. Le score global du Burkina Faso est supérieur à la moyenne régionale observée en Afrique subsaharienne (71,5). 
Lorsqu’il s’agit de lois affectant la décision des femmes de travailler, de contraintes pour les femmes qui démarrent et gèrent une entreprise, de différences entre les sexes en matière de propriété et d’héritage, et de lois affectant le montant de la pension des femmes, le Burkina Faso obtient un score parfait, révèle le rapport. Cependant, lorsqu’il en vient aux contraintes sur la liberté de mouvement, de lois affectant le salaire des femmes, de contraintes liées au mariage et de lois affectant la pension des femmes, et des lois affectant le travail des femmes après avoir eu des enfants, le Burkina Faso pourrait envisager des réformes pour améliorer l’égalité juridique des femmes.
A titre d’exemple, l’un des scores les plus faibles du Burkina Faso concerne l’indicateur mesurant les lois affectant la rémunération des femmes (25/100). « Pour améliorer cet indicateur, le Burkina Faso pourrait envisager de rendre obligatoire l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, en permettant aux femmes de travailler dans des emplois jugés dangereux au même titre que les hommes, et en permettant aux femmes d’occuper un emploi industriel », préconise la Banque mondiale.

8- São Tomé et Príncipe, à la traîne sur les sujets de parentalité

São Tomé et Príncipe obtient un score de 83,1 sur 100. Ses bons points, le pays les a engrangés au niveau des contraintes à la liberté de mouvement, les lois affectant la décision des femmes de travailler et les différences entre les sexes en matière de propriété et d’héritage. « En matière de propriété et d’héritage, São Tomé et Príncipe obtient un score parfait. Cependant, lorsqu’il s’agit de lois affectant le salaire des femmes, des contraintes liées au mariage, des lois sur le travail des femmes après la naissance d’un enfant, des contraintes sur la création et la gestion d’une entreprise par les femmes, et des lois sur le montant de la pension des femmes, São Tomé et Príncipe pourrait envisager des réformes pour améliorer l’égalité juridique des femmes », stipule le rapport.
Par exemple, l’un des scores les plus faibles de São Tomé et Príncipe concerne l’indicateur mesurant les lois affectant le travail des femmes après avoir eu des enfants (60/100). 
« Pour améliorer l’indicateur de parentalité, São Tomé et Príncipe pourrait envisager de faire des progrès dans le domaine de l’éducation mais aussi envisager de rendre le congé payé accessible aux pères et rendre le congé parental payé accessible », suggère la BM.

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7- Côte d’Ivoire, le salaire de la femme reste inférieur à celui de l’homme

Avec sa note de 83,1 sur 100, la Côte d’Ivoire est 7e ex-aequo avec Sao Tomé et Principe. Ses bons points sont les contraintes à la liberté de mouvement, les lois qui affectent la décision des femmes de travailler, les différences entre les sexes en matière de propriété et d’héritage, et les lois qui affectent les droits des femmes et les lois affectant le montant de la pension d’une femme, pour lesquelles la Côte d’Ivoire obtient un score parfait.
Cependant, lorsqu’il s’agit de lois affectant le salaire des femmes, de contraintes liées au mariage, de lois affectant le travail des femmes après avoir eu des enfants, et de contraintes empêchant les femmes de commencer à travailler et des contraintes liées à la création et à la gestion d’une entreprise par les femmes, la Côte d’Ivoire pourrait envisager des réformes pour améliorer l’égalité juridique des femmes. L’un des scores les plus faibles de la Côte d’Ivoire concerne l’indicateur mesurant les lois affectant le salaire des femmes (50 /100).
« Pour améliorer cet indicateur, la Côte d’Ivoire pourrait envisager d’autoriser les femmes à travailler dans des emplois jugés dangereux au même titre que les hommes et autoriser les femmes à travailler dans un emploi industriel au même titre que les hommes » suggère le rapport. 

6- Rwanda, de bons points réduits par de faibles mesures dans la parentalité

Avec ses 83,8 points glanés dans le rapport, le Rwanda affiche un score de 75 /100 dans deux critères, 100/100 dans cinq autres, mais plombe sa moyenne avec un 20/100 en ce qui concerne la parentalité. Autrement dit, pour autant qu’il s’agit des contraintes à la liberté de mouvement, des lois affectant la décision des femmes de travailler, des lois affectant la rémunération des femmes, des contraintes liées au mariage et les différences entre les sexes en matière de propriété et d’héritage, le Rwanda obtient un score parfait. L’addition devient salée au niveau du montant de la pension de retraite des femmes, où le Rwanda avec ses 20/100 devrait envisager des réformes pour améliorer l’égalité juridique des femmes.
« Pour améliorer l’indicateur de parentalité, le Rwanda pourrait envisager de mettre à la disposition des mères un congé payé d’au moins 14 semaines et de faire en sorte que le gouvernement administre 100 % du congé payé. », préconise la Banque mondiale.

 A suivre…partie 2/2

Canicha Djakba

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