Ces Africains qui dirigent les organisations internationales

Profils élogieux, parcours riches, expérience avérée, découvrez les parcours de ces hommes et femmes africains à la tête de puissantes organisations internationales.

Tedros Adhamon Ghebreyesus, le patron de l’OMS

L’Ethiopien Tedros Adhamon Ghebreyesus est, depuis mai 2017, le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et le premier Africain à ce poste. Autrement dit, il est responsable de l’accès aux soins sanitaires de qualité pour tout être humain, et ce n’est pas peu de le dire. Les récents évènements nous le prouvent bien. Bien que déjà connue du grand public, l’organisation est au cœur de l’actualité depuis plus d’un an, Covid-19 oblige. Au four et au moulin, le docteur Tedros Adhamon et l’organisation qu’il coordonne s’échinent à trouver des solutions définitives à cette crise. Gestion de la pandémie, médicaments, vaccins… depuis mars 2019, c’est sur son organisation que repose le casse-tête de la gestion de la Covid-19. Le monde l’écoute, et ses décisions ont un réel impact sur le cours de la crise sanitaire. Avant la Covid-19, c’est à l’épidémie d’Ebola que l’ancien ministre éthiopien de la Santé a fait face. Autant de combats qui lui ont valu d’être classé première personnalité africaine 2020, par le magazine Jeune Afrique.

Ses cinq priorités, telles que déclinées suite à son élection en 2017 sont: la couverture sanitaire universelle, les situations d’urgence, la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent, les conséquences du changement climatique et environnemental sur la santé, et la réforme de l’OMS. Son mandat à la tête de l’OMS prenant fin en 2022, le docteur restera au front de la lutte contre le paludisme, les cancers, le diabète, le Sida, l’Ebola et la Covid-19. Tedros Adhamon est docteur en santé communautaire, et est âgé de 56 ans.  

Ngozi Okonjo-Iweala, la patronne mondiale du commerce

A 67 ans, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala est la directrice générale de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Première femme à occuper cette fonction depuis sa création il y a 25 ans, la « dame de fer » telle que surnommée, est chargée de fluidifier et faciliter autant que possible les échanges entre les 164 pays membres de l’OMC. Son principal défi est la redynamisation de l’institution en perte de vitesse, depuis notamment la crise commerciale ouverte entre la Chine et les Etats-Unis.

Mais pour cela, celle qui a pris fonction à la tête de l’OMC le 1er mars 2021 détient les atouts qu’il faut. Dans le monde de l’économie et de la finance, elle est fort bien connue. Ancienne numéro deux de la Banque mondiale en tant que directrice des opérations, Ngozi Okonjo-Iweala a passé 25 ans au service de la plus grande institution de financement du développement. Docteure en économie et développements régionaux du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et diplômée d’une licence et d’un doctorat en économie à l’université d’Harvard, elle a été ministre des Finances du Nigeria entre 2003 et 2006, puis entre 2011 et 2013, et a également  passé quelques mois à la tête du ministère en charge des relations internationales. Les réformes qu’elle a menées dans le secteur des finances de son pays lui ont valu le prix 2004 du meilleur ministre des Finances dans le monde. 

Depuis son départ du ministère des Finances, en 2015, Ngozi Okonjo-Iweala multiplie les fonctions honorifiques : présidente du conseil d’administration de l’alliance Gavi, créée pour favoriser l’accès à la vaccination ; coprésidente de la Commission mondiale sur l’économie et le climat ; membre du conseil d’administration de Twitter. A son classement 2020 du Top 100 des Africains les plus influents, Jeune Afrique la positionne au 3e rang.

Louise Mushikiwabo, la Rwandaise à la tête de la Francophonie

Âgée de 60 ans, la Rwandaise Louise Mushikiwabo préside aux destinées de l’Organisation Internationale de la Francophonie depuis 2018. Installée à ses fonctions en 2019, elle remplace Michaëlle Jean à la tête de la Francophonie et devient ainsi la quatrième secrétaire générale de cette organisation et la première femme africaine à occuper ce poste. Un poste qui consiste notamment à fédérer les 84 Etats membres autour de la promotion de la langue française, des droits de l’Homme et du développement inclusif.

Des fonctions diplomatiques qui ne lui sont pas étrangères. Car au Rwanda, elle a occupé les postes de ministre de l’Information, puis ministre des Affaires étrangères et de la Coopération pendant 10 ans. Poste qu’elle occupe jusqu’en 2018, date de son élection à la tête de l’OIF.

Antoinette Sayeh, la numéro deux du FMI          

Antoinette Monsio Sayeh est, depuis le 16 mars 2020, la quatrième directrice générale adjointe du Fonds monétaire international (FMI). Elle est la première femme africaine à ce poste et la deuxième Africaine après le président ivoirien Alassane Ouatara en 1994. Antoinette Sayeh y a été propulsée par Kristalina Georgieva en personne, la directrice générale de l’institution. Selon elle, Antoinette Sayeh possède toutes les qualités requises pour ce poste, certes prestigieux, mais pas moins exigeant. « Une combinaison rare de leadership institutionnel, de capacités analytiques approfondies et d’engagement indéfectible envers l’équité », l’avait ainsi décrit la directrice générale du FMI, au moment où elle annonçait la désignation de sa collaboratrice.

A présent à la tête de l’une des plus puissantes institutions internationales, Antoinette Sayeh met ses compétences et son engagement au service des économies du monde. Le premier challenge auquel elle fait face  est celui de la gestion de la crise de la Covid-19 et ses lourdes conséquences sur l’économie mondiale. Elle devra aussi veiller à surveiller le taux d’endettement de plus en plus élevé, des pays en voie de développement. 

Antoinette Sayeh est Docteure en relations économiques internationales, diplôme obtenu à la Fletcher School de l’université américaine de Tufts. Après quelques années passées au ministère du Plan au Libéria, elle intègre la Banque mondiale où elle restera pendant 17 ans. L’économiste sera tour à tour directrice des opérations de la BM pour le Bénin, le Niger et le Togo mais aussi économiste-pays pour le Pakistan et l’Afghanistan, puis conseillère à la vice-présidence de la Politique opérationnelle de la BM et assistante de son directeur général principal. 

Makhtar Diop, le directeur général de la Société financière internationale

Le Sénégalais de 61 ans est, depuis le 1er mars 2021, le premier Africain à occuper le poste de directeur général de la Société financière internationale (SFI), institution de la Banque mondiale en charge de l’investissement dans le secteur privé. En prise à de multiples défis, la Banque mondiale a fait appel à Makhtar Diop pour diriger la branche de la Société financière internationale pour le développement du secteur privé des pays du Sud. Il a été nommé à ce poste le 18 février, par le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass. Makhtar Diop est un économiste de formation et de carrière. Dans un contexte de crise sanitaire aux nombreuses répercussions économiques, Makhtar Diop travaille à redresser l’économie mondiale et davantage celle des pays en voie de développement, impactées par la chute des cours des matières premières et la baisse des activités commerciales. C’est dire si les pays en voie de développement comptent sur lui pour des réponses salutaires en faveur de leur économie. 

Au moment de sa nomination, il occupait depuis 2018, la fonction de Vice-président de la BM en charge des infrastructures. De 2012 à 2018, il a été Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne. Makhtar Diop y a supervisé des engagements d’un montant record de 70 milliards de dollars, afin de répondre aux grands défis de développement des pays d’Afrique.

Makhtar Diop a étudié l’économie au Royaume-Uni. Il détient un Master de l’Université de Warwick et un Master de philosophie de l’Université de Nottingham ainsi qu’un diplôme en finances de l’École supérieure des sciences commerciales appliquées à Paris.

Canicha Djakba